Encore une accusation de viol contre Patrick Poivre d’Arvor…
Et cette fois-ci, on apprend qu’il est excité par les vierges tout comme Michel Fourniret…
Pierre-Jean Chalençon a décidément de drôles d’amis : PPDA,
Christophe Girard, protecteur du pédophile Gabriel Matzneff, également
accusé de viols, Alain Pougetoux, protecteur et meilleur ami du
pédophile Pascal Edouard Cyprien Luraghi, Oleg Sokorov, encore un
individu aux moeurs étranges, etc…
Plus d’un mois après le classement sans suite de l’affaire PPDA, une
femme raconte avoir été violée par l’ex-présentateur des journaux de TF1
alors qu’elle était âgée de 16 ans au moment des faits.
Alors que l’affaire Patrick Poivre d’Arvor vient d’être classée sans
suite, un nouveau témoignage accablant fait son apparition à l’encontre
du journaliste. Dans les colonnes de 20 minutes,
une femme de 49 ans raconte le viol dont elle aurait été victime de la
part de l’ex-star du «20 Heures» de TF1 en 1989 alors qu’elle était
mineure, âgée seulement de 16 ans.
À l’époque, celle qui se fait appeler Caroline dans l’article du
quotidien, souhaite rencontrer le comédien Francis Huster dont elle est
fan. Pour ce faire, elle passe par Patrick Poivre d’Arvor qui l’invite
alors sur le tournage de son émission «À la folie». Puis, tout aurait
dégénéré dans la loge de celui-ci. «Il me fait entrer, et il ferme la porte à clef, explique-t-elle à nos confrères.
Il ne me saute pas dessus tout de suite. Il me pose quelques questions.
Il devient pressant. Il se rapproche. Il tente de m’embrasser à
plusieurs reprises. J’essaye un peu de le repousser, mais je suis
tétanisée. J’ai des images qui me reviennent. Je me revois par terre. Je
le vois devant moi», poursuit-elle avant de s’arrêter sur «un détail qui en dit long».
«Il savait que j’étais vierge. Quand il m’a pénétrée, l’hymen n’était
plus là. Il me dit: “ah mais vous n’êtes plus vierge”, d’un air déçu.»
«Porter plainte ? Je crains les jugements et les réactions des autres»
À l’époque, l’adolescente, honteuse, ne porte pas plainte et ne dit
rien à ses parents mais raconte cette histoire au journaliste Jean
Roberto qui la rapporte dans le journal Minute. Le papier est baptisé «Un satyre à TF1» comme en témoigne le document retrouvé par 20 minutes.
Si le nom de Patrick Poivre d’Arvor n’apparaît pas, le rédacteur
contacté par le quotidien confirme qu’il s’agissait bien de la personne
en question. Dans son article, la présumée victime explique pourquoi
elle a décidé de ne pas déposer plainte. «Porter plainte? Je crains
les jugements et les réactions des autres. Et puis, qui me croirait? Que
me reste-t-il? La dépression nerveuse.» Survenus il y a plus de trente ans, les faits sont aujourd’hui prescrits.
On survivra, no problem.
Elle n’était pas toute jeune et ça faisait des années qu’elle était
cardiaque et qu’elle faisait des œdèmes pulmonaires à répétition…
Stéphanie Roza : « La focalisation sur la race et le genre fait aujourd’hui écran aux questions…
Philosophe spécialiste des Lumières et des précurseurs
du socialisme, Stéphanie Roza vient de publier « La gauche contre les
Lumières ? » (Fayard, 2020) dans lequel elle revient sur l’émergence,
au…
C’est bien, ce qu’elle
dit. Je retiens surtout ça : « les Lumières ne sont qu’un héritage et ne
pouvaient pas prévoir la situation dans laquelle nous sommes
aujourd’hui, ni Marx d’ailleurs. » …et je suis bien content de ne jamais
avoir fréquenté les universités…
Oui mais, n’oublions pas
qu’au Ciné Club (cela s’applique aussi au théâtre, peut-être même plus
?), ce n’est pas le film qui est chiant mais le débat qui vient juste
après ….
Et voilà, excellemment conseillé par l’ancien procureur de Quimper
Thierry Lescouarc’h, sur lequel pèsent de très gros soupçons de
corruption au moins durant l’exercice de ses fonctions dans le Finistère
de 2014 à 2020, Eric Dupond-Moretti vient de se voir signifier sa mise
en examen pour prise illégale d’intérêts.
La justice soupçonne Éric Dupond-Moretti d’être intervenu
comme ministre dans des dossiers dans lesquels il était impliqué comme
qu’avocat. Jean-Christophe MARMARA/Le Figaro
«Je ne vois pas pourquoi la Commission de l’instruction se priverait de mettre Éric Dupond-Moretti sur
le gril toute la journée. Ne s’est-elle pas offert le luxe d’entendre
le premier ministre Jean Castex, toute une demi-journée?» Pour ce bon connaisseur de la vie judiciaire, Éric Dupond-Moretti n’a pas fini de souffrir devant les juges de la Cour de justice de la République (CJR) qui l’a convoqué ce vendredi, à 9 heures précises, en vue d’une mise en examen.
Le garde des Sceaux, soupçonné d’avoir voulu régler des comptes à
propos de dossiers dans lequel il était impliqué comme avocat, sera
accompagné de ses trois avocats – Olivier Cousi, Christophe Ingrain et
Rémi Lorrain – pour affronter les trois juges de cette commission. La
confrontation risque d’être d’autant plus électrique que les principaux
protagonistes se connaissent fort bien. Entre eux, quelques procès
d’assises aux incidents d’audience musclés, que les deux hauts
magistrats, Janine Dray et Catherine Schneider, n’ont sans doute pas
oubliés. Un temps, la rumeur a d’ailleurs couru que ces dernières
pourraient même se déporter à cause de ce lourd passif. «C’est absurde», souligne cette source judiciaire, un brin agacée. «Il n’y aurait aucun sens de se déporter d’une audience et pas de l’instruction dans son ensemble».
La surprise du chef serait la présence du parquet général à cette
première comparution. La Cour de justice de la République ne dérogeant
pas au droit commun de la procédure pénale, rien n’empêche François
Molins, ou l’avocat général Philippe Lagauche, d’être présent. «Cela arrive une fois sur deux cent cinquante», soupire, un peu las, ce magistrat de la Cour de cassation qui n’imagine pas une seconde une telle provocation.
Une requête en nullité
La défense du ministre, tient en trois points: Éric Dupond-Moretti
martèlera qu’il n’a fait que reprendre des dossiers lancés par son
prédécesseur, Nicole Belloubet, et que suivre l’avis de son
administration – laquelle incluait l’avis du procureur général, François
Molins. Il devrait également insister sur le fait qu’une enquête
administrative n’est pas une sanction disciplinaire et que le décret de
déport de ses fonctions vers le premier ministre a précédé toute
décision de poursuite disciplinaire.
La défense ne manquera pas de renvoyer à l’envoyeur l’accusation de
conflit d’intérêts. Outre la spectaculaire mise en cause de François
Molins, l’Union syndicale des magistrats, l’un des syndicats de
magistrats à avoir porté plainte, a aussi été parti pris en assistant
plusieurs magistrats dans les deux affaires qui valent aujourd’hui à
Éric Dupond-Moretti d’être mis en cause.
«Jamais un ministre étant passé devant la commission
d’instruction de la CJR n’en est sorti sans être mis en examen. Et là,
on sent bien que c’est ce que veulent les juges, il n’y a qu’à voir
comment toute la procédure a été montée à l’envers», souligne-t-on
dans l’entourage du ministre. Ce dernier point devrait servir de base à
la requête en nullité de mise en examen, pour défaut d’indices graves et
concordants. La défense commencera par soulever le fait que le garde
des Sceaux a été convoqué par ses juges alors que la perquisition
n’avait pas encore eu lieu à la Chancellerie et qu’un autre témoin clé
n’avait pas été entendu, en l’occurrence sa directrice de cabinet
Véronique de Malbec. À cela s’ajouteront les demandes d’actes, dont la
plus retentissante sera la demande d’audition par la commission
d’instruction de François Molins lui-même. Procéduralement, c’est lui
qui devrait signer les réquisitions pour accorder ou refuser cette
audition.
En tout état de cause, il s’agit du troisième garde des Sceaux dont
la carrière politique ou ministérielle est mise à mal par la justice,
pour ne pas dire en danger. On se souvient que, avant Éric
Dupond-Moretti, la Cour de justice de la République avait mis fin à la
carrière politique de Jean-Jacques Urvoas. Et que, en 2017, la mise en examen de François Bayrou l’avait écarté de la Chancellerie, quinze jours après sa nomination.
Eric Dupond-Moretti aurait dû se méfier, ces hommes-là ont quand même une grosse tendance à supplanter tous les autres…
Question du jour : Le Breton Thierry Lescouarc’h, ancien procureur de
la République de Quimper, appelé à conseiller le nouveau ministre de la
Justice sitôt après sa nomination l’année dernière, prendra-t-il
bientôt sa place pour un intérim de quelques mois ?
Quimper. Le procureur Thierry Lescouarc’h nommé au cabinet du ministre de la Justice
Thierry Lescouarc’h, procureur de la République de Quimper
(Finistère), est nommé au cabinet du ministre de la Justice à compter du
24 août. Il était procureur depuis le 1er septembre 2014.
Ouest-France Tanguy HOMERY. Publié le 21/08/2020 à 18h00
Thierry Lescouarc’h, procureur de la République de Quimper (Finistère), quitte ses fonctions ce dimanche 23 août 2020. Comme l’annonçait le Journal Officiel le 31 juillet, il est nommé « conseiller services judiciaires »
au sein du cabinet du ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti.
Cette nouvelle fonction sera effective à partir du 24 août 2020.
Breton d’origine, Thierry Lescouarc’h était arrivé au poste de
procureur le 1er septembre 2014. Auparavant, il avait été procureur à
Alès, dans le Gard.
Le procureur d’Alès prendra son nouveau poste en septembre prochain.
Le procureur d’Alès Thierry Lescouarc’h, âgé de 40
ans, est sur le départ. Originaire de Rennes, le magistrat retourne dans
ses terres bretonnes, mais plus à l’Ouest encore puisqu’il est nommé à
Quimper, dans le Finistère.
Une ville et un tribunal que Thierry Lescouarc’h connaît pour y avoir
été substitut placé, au début de sa carrière, en juillet 2000. À Alès,
où il était en poste depuis janvier 2010, on ne connaît pas encore le
nom de son successeur.
Depuis hier, Thierry Lescouarc’h est procureur de Quimper. Ce Breton remplace. Éric Tuffery, muté à La Réunion.
Thierry Lescouarc’h |
Ouest-France Rosemary BERTHOLOM. Modifié le 02/09/2014 à 04h09 Publié le 02/09/2014 à 00h00
Profil
1974. Naissance à Rennes.
2000. Prête serment de magistrat
2006. Direction du service judiciaire à la chancellerie
2014. Nommé procureur de Quimper
Une masse de dossiers s’étale sur le bureau du nouveau procureur,
Thierry Lescouarc’h. Depuis hier, ce magistrat breton âgé de 40 ans est à
la tête de la juridiction quimpéroise. Des dizaines de chemises rouges
que Thierry Lescouarc’h va étudier dans les prochaines semaines. « Il
faut avoir la meilleure connaissance possible du terrain pour monter
rapidement en puissance. Le parquet a été très bien tenu. La situation
est saine, c’est un atout pour démarrer. »
« Heureux de revenir »Discours clair et objectifs précis, le
procureur voulait ce retour en Bretagne. La région où il est né. Le
quadragénaire a effectué ses études de droit à Rennes. Son service
militaire, à la préfecture maritime de Brest. Quimper ? Il connaît. Au
début de sa carrière, en 2003, alors qu’il était substitut placé,
Thierry Lescouarc’h a oeuvré quelques mois en Cornouaille. « Je suis heureux de revenir, d’avoir ce poste passionnant dans une région que j’aime. C’est une double satisfaction. »
En 2004, il part à Rouen. Deux ans plus tard, il prend la direction
du service judiciaire de la chancellerie. En 2010, il devient procureur
d’Alès. Il a notamment suivi l’affaire Chloé. L’adolescente qui avait
été enlevée en 2012 et retrouvée en Allemagne, dans le coffre de son
ravisseur.
« Dans les meilleurs délais »
À Quimper, il compte poursuivre la politique « dynamique » installée par son prédécesseur, Éric Tuffery. « La réponse pénale sera systématique et proportionnée à la gravité des faits et à la personnalité de l’auteur. » Il évoque également la volonté de traiter les dossiers en matière pénale « dans les meilleurs délais possibles ». Et le souci de « l’écoute des victimes ».
Le parquet quimpérois est composé de sept magistrats. Cinq sont
fraîchement installés (Thierry Lescouarc’h, Éric Métivier, Aurore
Bougera, Caroline Collet, Fatou Kine Mano). Deux depuis un peu plus
longtemps (Bérengère Prudhomme, Philippe Lemoine). En 2013, 23 000
dossiers ont été traités.
Surprise : nous descendons d’un peuple qui ne figure dans aucun
livre d’histoire, les Yamnayas. Car l’analyse de notre génome est
formelle : près de 40 % de nos gènes sont hérités de ces guerriers qui,
venus du nord de la mer Noire, conquirent l’Europe il y a 5 000 ans.Une
origine sanglante que Thomas Cavaillé-Fol sort ici de l’oubli.
Les livres d’histoire ne la mentionnent pas alors que c’est sûrement
la conquête de l’Europe la plus triomphale jamais menée. De fait, ni les
plus puissants empereurs romains ni même le célèbre Attila n’ont réussi
à s’étendre avec autant de succès sur le Vieux Continent – et encore
moins à y rester. À la décharge des historiens, cette campagne fantôme
eut lieu il y a 5 000 ans environ, quand un peuple de nomades quitta ses
steppes du nord de la mer Noire, à cheval sur l’actuelle Ukraine et la
Russie, pour marcher en direction de l’ouest. Seul l’océan Atlantique
stoppera son avancée.
À cette époque, l’écriture reste balbutiante : elle vient de naître
en Mésopotamie et dans l’Égypte des premiers pharaons, mais on ne la
connaît pas en Europe. Voilà qui explique aussi que cette invasion soit
si peu connue. Et que le nom de ces fameux envahisseurs n’évoque, en
général, rien : qui a entendu parler des Yamnayas ? Pourtant,
l’empreinte qu’ils ont laissée s’avère incroyablement profonde !
Celle-ci vient d’être retrouvée, et pas n’importe où : au cœur de nos
cellules. Car, désormais, l’histoire est aussi une affaire de fouilles
génétiques et les Yamnayas viennent d’en apporter une preuve éclatante.
Selon une étude publiée en 2015, près de 40 % du génome des Français est
hérité de ce peuple. Et il n’y a pas que nous : toutes les populations
européennes actuelles portent une importante ascendance yamnaya dans
leur ADN (voire carte).
Attention, il n’est pas question ici d’une campagne éclair : « Il a fallu environ 500 ans pour qu’ils traversent l’Europe d’est en ouest », précise
Wolfgang Haak, docteur en archéogénétique pour l’Institut Max-Planck
(Allemagne). Ce qui ne l’empêche pas d’avoir été sanglante. Plus grands
que la moyenne, avec des yeux et des cheveux majoritairement bruns et la
peau modérément claire, accompagnés de chevaux et armés de haches, les
Yamnayas ont avancé petit à petit : une vingtaine de générations au
moins ont été nécessaires pour infiltrer l’Europe. « Ce peuple a eu un impact spectaculaire sur le profil génétique européen, qu’aucune migration ultérieure n’a égalé », expose Iosif Lazaridis, chercheur en génétique à l’université Harvard (États-Unis).
Repères
Il y a 5 000 ans, l’Europe est peuplée d’agriculteurs descendant des
chasseurs-cueilleurs issus de Cro-Magnon et de fermiers venus il y a 9
000 ans du Proche-Orient. Ce paysage va bientôt être bouleversé.
Et ce scénario oublié, ce sont les récentes avancées en génétique qui
permettent aussi de le reconstituer. En 1956, en se basant sur les
données archéologiques et linguistiques, l’archéologue Marija Gimbutas
avait déjà émis l’idée d’une migration massive venue des steppes,
débutant il y a 5 000 ans. Des tombes à tumulus, traditionnelles chez
les nomades d’Eurasie et notamment les Yamnayas, fleurissent en effet en
Europe à cette époque, et les langues indo-européennes, au vu de leur
expansion, pourraient bien trouver leurs origines dans les steppes (lire
p. 93).
« Mais l’hypothèse est restée controversée, commente Jean-Paul Demoule, professeur émérite de proto histoire européenne à l’université Paris-I. Un
changement de culture n’implique pas forcément un remplacement de
population, les idées aussi voyagent. Cela dit, les études en génétique
semblent valider l’idée de Marija Gimbutas. »
UN GÉNOCIDE DES EUROPÉENS MÂLES
Elles l’ont enrichie, aussi. Car fort des dizaines de recherches sur
le sujet publiées ces dernières années, l’archéologue Kristian
Kristiansen, de l’université de Göteborg, en Suède, pense avoir retracé
l’histoire des Yamnayas, à paraître prochainement. Et il est sans pitié.
« Elle implique un peuple de guerriers et, bien sûr, des
massacres, voire, quasiment, un génocide des Européens masculins
d’alors. Surtout que ceux-ci étaient réduits en nombre et affaiblis par
la maladie », assène le chercheur.
De fait, l’Europe semble vivre un déclin juste avant l’arrivée des
Yamnayas. Elle est alors peuplée d’agriculteurs, issus des premiers
fermiers ayant migré du Proche-Orient il y a 9 000 ans environ, mais
aussi des chasseurs-cueilleurs qui habitaient alors l’Europe,
descendants de Cro-Magnon. Or, tandis qu’il y a 6 000 ans, de grosses
agglomérations pouvant abriter jusqu’à 15 000 individus sont attestées,
elles disparaissent subitement il y a 5 400 ans… Début 2019, une étude a
identifié la possible cause de ce désastre : l’apparition de la
première peste. Son ADN bactérien a été retrouvé dans deux morts vieux
de 4 900 ans, issus d’une tombe commune suédoise abritant 78 corps. Et
en comparant cette souche avec d’autres un peu plus tardives, les
chercheurs ont déterminé le modèle de dispersion de la « mort noire ».
Sa souche originelle a sûrement vu le jour au sein des grandes
agglomérations de Bulgarie ou des Balkans il y a 5 700 ans, pour se
disperser ensuite via les routes commerciales. « La grande concentration d’humains et d’animaux favorise la propagation et la mutation des pathogènes, pointe Kristian Kristiansen. Soumises
aux épidémies, les agglomérations ont été abandonnées. Les Yamnayas
sont donc arrivés dans une Europe affaiblie, à la population amoindrie
et dispersée… Ils y sont rentrés comme dans du beurre. »
Les Yamnayas sont arrivés dans une Europe affaiblie… Ils y
sont rentrés comme dans du beurre – KRISTIAN KRISTIANSEN Professeur
d’archéologie à l’université de Göteborg
PEU D’AUTRES HOMMES SE SONT REPRODUITS
Il y a 5 000 ans, la population d’hommes en Europe, estimée grâce à la
diversité des chromosomes Y, semble chuter. Mais cela s’explique aussi
par une lutte pour la reproduction, avec des gagnants génétiquement
proches.
L’image convient d’autant mieux que les Européens, qui se nourrissent
alors essentiellement de céréales, ont face à eux des éleveurs, au
régime plus calorique, basé sur la viande et les produits laitiers. En
clair, « les Yamnayas sont en meilleure condition physique et aussi plus grands », décrit
Kristian Kristiansen. Qui plus est, ils ont domestiqué un animal
indissociable des envahisseurs : le cheval. Bien qu’il ne soit pas
certain qu’ils le montaient, celui-ci tirait pour le moins des chariots,
permettant ainsi d’avaler de grandes distances avec tout l’équipement
nécessaire pour une véritable conquête.
« Normalement, les nomades tels que les Yamnayas voyagent de façon
saisonnière, dans un territoire délimité. On ne sait pas vraiment
pourquoi ils ont changé de comportement. Mais imaginez la steppe
herbeuse : il n’y a que l’horizon et la possibilité d’aller plus loin,
plus vite encore avec les chevaux. Ils ont dû agrandir leur territoire
peu à peu, et finir par s’implanter ailleurs », imagine Wolf gang Haak. Et là, tout va s’accélérer.
En Europe centrale, il y a 4 900 ans, apparaît une nouvelle culture,
dite de la « céramique cordée ». Outre ses poteries (photo ci-contre),
elle est connue pour ses haches de combat et ses tombes individuelles à
tumulus, alors qu’elles étaient auparavant partagées. Mais surtout,
l’ADN de ses représentants du centre de l’Europe était à 75 % yamnaya !
L’infiltration était déjà un succès, et elle était sexuellement biaisée.
En 2017, des chercheurs américains et suédois ont comparé l’évolution
dans le temps des chromosomes X, hérités de la mère, et des autosomes,
hérités des deux parents, au sein de 36 individus ayant vécu avant et
après la migration, pour déterminer si la part génétique léguée par les
Yamnayas était différente selon le sexe. Résultat : pour 14 hommes ayant
quitté la steppe natale, une seule femme les aurait suivis. « L’invasion
a sûrement impliqué des milliers de jeunes guerriers répartis en
bandes, qui colonisaient un territoire et se reproduisaient avec des
femmes non-yamnayas », pense Kristian Kristiansen.
Une conclusion que tempère Iosif Lazaridis : « On observe tout de
même un changement dans l’ADN mitochondrial à cette période, hérité de
la mère, les femmes ont donc aussi participé à la migration. Ceci dit,
le bouleversement que subit le chromosome Y est en effet spectaculaire.
La compétition masculine pour la reproduction est donc un point saillant
de cette histoire. » Que cela résulte d’unions consenties ou de
viols, le paysage des haplogroupes européens du chromosome Y, des
séquences de l’ADN utilisées pour catégoriser les populations, change du
tout au tout. Celui appelé G2a, très commun chez les agriculteurs
européens, disparaît presque entièrement, tandis que le R1b, extrêmement
rare avant l’arrivée des Yamnayas, s’impose. C’est aujourd’hui le plus
courant en Europe occidentale.
Qu’est-il arrivé aux hommes européens ? « Il est difficile d’imaginer qu’ils aient abandonné toute idée de reproduction de leur plein gré, expose Iosif Lazaridis. Peut-être que, étant dominés socialement, ils en ont moins eu l’occasion. » Il
semble en effet qu’à l’époque, les sociétés soient devenues plus
patriarcales : des hommes dominants concentraient le pouvoir et
pouvaient donc s’arroger l’accès à la reproduction. « Certains pensent aussi que les Yamnayas, plus beaux, attiraient naturellement les femmes, s’amuse Kristian Kristiansen. Mais ils ont sûrement massacré les hommes locaux et volé leurs femmes. »
Et des massacres, on en trouve ! À Koszyce, en Pologne, 15 personnes
sans parenté yamnaya ont été trucidées il y a 5 000 ans, puis enfouies
dans une tombe commune. À Eulau (Allemagne), des tombes de la culture
céramique cordée contiennent également une quinzaine d’individus,
majoritairement femmes et enfants, morts il y a 4 600 ans. Or, l’analyse
des dents des femmes a montré qu’elles avaient changé d’alimentation
après leur enfance, signe qu’elles n’avaient pas grandi sur place. « Cette culture allait chercher des compagnes dans un clan différent, expose Kristian Kristiansen. Vu
les armes ayant causé les blessures, ce sont des hommes sans parenté
yamnaya qui ont perpétré le massacre, sûrement pour se venger de ces
‘migrants voleurs de femmes’. La violence existait des deux côtés. »
Glossaire
Les Yamnayas tirent leur nom d’un adjectif russe
signifiant « lié aux tombes en fosses ». Leurs sépultures sont
recouvertes d’un monticule, ou kourgane, terme d’origine tatare, bien visible dans l’étendue des steppes d’Eurasie.
DES CHROMOSOMES Y 100 % REMPLACÉS
Mais on sait qui a gagné. Car les Yamnayas ne se sont pas arrêtés au
centre de l’Europe. Leurs descendants atteignent l’Espagne il y a un peu
moins de 4 500 ans et en changent complètement le visage. Après leur
arrivée, 40 % du paysage génomique espagnol est d’ascendance yamnaya,
dont près de 100 % des chromosomes Y, éclaire une étude publiée en mars.
Ils n’auront laissé aucun autre homme qu’eux-mêmes avoir de descendance
! Leur influence est plus drastique encore en Angleterre : une nouvelle
culture, dite campaniforme, d’ascendance yamnaya, y débarque il y a 4
400 ans environ. Et en quelques générations seulement, leur ADN remplace
90 % du génome anglais, et 75 % des individus masculins portent leurs
chromosomes Y, pourtant absents de l’île avant leur arrivée. « Où sont passés les hommes locaux ? questionne Kristian Kristiansen. Plus
nous découvrons de choses sur l’invasion yamnaya, plus elle me paraît
sanglante. » « Cela a peut-être été le cas dans certaines zones, mais
nous ne pouvons généraliser à l’Europe entière, nuance Iosif Lazaridis. En Grèce, par exemple, nous avons bien trouvé de l’ADN yamnaya,mais pas de chromosomes Y provenant des steppes. La dynamique y a donc été différente. »
Reste que, violemment ou non, l’expansion yamnaya a été un succès :
toute l’Europe a été conquise en quelque 500 ans. Toute ? Non ! Une île
résiste encore et toujours à l’envahisseur : la Sardaigne. L’ADN yamnaya
ne l’a atteinte qu’il y a 2 300 ans, soit plus de 2 000 ans après le
lancement de l’expansion. Et il ne compte aujourd’hui que pour environ 2
%, une bagatelle. Mais quant à vous, et à moi, ne nous y trompons pas :
nous sommes en grande partie yamnayas. Nous venons en droite ligne de
sanguinaires conquérants. Dont il nous reste peut-être certains traits…
Ce qu’il nous reste des Yamnayas
Leur legs archéologique est constitué d’objets comme des haches ou
des poteries, mais aussi de fosses contenant les restes de guerriers. De
quoi extraire leur ADN, lequel dévoile leur véritable héritage. Ainsi, « ils étaient grands et ce phénotype se transmet, expose Kristian Kristiansen.
En outre, il semble qu’ils digéraient le lait ». Or, à
l’époque, la tolérance au lactose était rare, sauf dans la culture
céramique cordée. Mieux encore, ce peuple nous a peut-être légué
l’indo-européen, qui aurait donné naissance aux langues latines,
celtiques ou encore indo-iraniennes.
Car l’Europe n’a pas suffi aux Yamnayas : des populations d’Inde et d’Iran portent aussi leur empreinte génétique.
Retrouvés dans des tombes communes (ici, à Koszyce, en Pologne), des
restes humains portant des traces de traumatismes témoignent de la
violence de l’époque.
En savoir +
A consulter, les publications scientifiques :
Sur la part génétique que les Européens actuels ont hérité des Yamnayas :Nature, 2015
Sur leur conquête de la Grande-Bretagne : Nature, 2018
On le savait depuis longtemps, c’était même inscrit dans
l’appellation de notre peuplade venue de Grande-Bretagne, une étude
génétique vient de le confirmer…
Les Bretons sont génétiquement (un peu) différents !
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Il existe un particularisme génétique breton. C’est une des
conclusions d’une étude réalisée par des scientifiques brestois et
nantais qui sont parvenus à publier le premier « portrait génétique » de
la France.
Aux singularités culturelles de la Bretagne, vient se mêler
la génétique : les Bretons seraient aussi un peu différents par leurs
chromosomes ! (Lionel Le Saux / Le Télégramme)
Les Bretons sont-ils des Français un peu à part ? À l’évidence oui,
si l’on dissèque leurs singularités musicales, linguistiques,
gastronomiques, etc. Mais même au plus profond de leurs chromosomes, les
habitants de la Bretagne conserveraient une identité un tantinet
différente de celle des autres peuplades de l’Hexagone.
Avant d’arriver à conclure à un particularisme breton, les
scientifiques ont réussi à brosser le premier portrait génétique de la
population française, grâce à deux bases de données regroupant 2 200
personnes. « On accusait un certain retard, beaucoup de pays avaient
déjà publié ce type d’études à l’échelle nationale, les Anglais, les
Espagnols, les Allemands, etc. », note Aude-Saint Pierre, maître de
conférences à l’Université de Bretagne occidentale, à Brest, et
chercheuse Inserm.
Son travail d’analyse a débuté il y a cinq ans. Après avoir fait
tourner des algorithmes de classification complexes et évalué des
« mesures de distanciation génétique », les équipes impliquées à ses
côtés sont parvenues à classer la population en plusieurs groupes.
Première conclusion, sur laquelle insistent les chercheurs, la
population française est génétiquement « très homogène et les
différences entre groupes sont infimes ». « On constate globalement une
continuité en France », abonde Christian Dina, ingénieur de recherche en
épidémiologie génétique à l’institut du thorax de Nantes (Inserm-CNRS),
co-auteur de l’étude.
Des fleuves comme barrières géographiques
Les différences constatées, « très petites », seraient le « reflet de
l’histoire du peuplement de la France et le fait, qu’à certains moments
au cours de l’histoire, des mouvements un peu plus importants de
population ont eu lieu », décrypte Emmanuelle Génin,
directrice de l’unité Inserm UMR 1078 « génétique, génomique
fonctionnelle et biotechnologies », à Brest. « On constate que les
mariages se faisaient entre personnes qui n’habitaient pas très loin les
unes des autres, avec des barrières comme les fleuves, plus
difficilement franchissables », poursuit la directrice de recherche,
elle aussi impliquée dans ces travaux. « Les frontières comme la Loire,
la Garonne, semblent différencier certains groupes », confirme Aude
Saint Pierre.
Les Bretons sont les plus « Yamnayas » des Français
L’étude raconte aussi l’histoire du peuplement de la Bretagne, dont
la grande majorité des habitants font aujourd’hui partie d’un groupe
génétique particulier, un phénomène néanmoins plus marqué dans le
Finistère que dans l’Ille-et-Vilaine. Un groupe auquel appartiennent
aussi plus de la moitié des habitants de Loire-Atlantique ! « Au nord de
la Loire, pas au sud… Cette grosse barrière fluviale pourrait expliquer
cette différence. Mais il y a encore beaucoup de travail d’analyse à
réaliser », assure Emmanuelle Génin.
Quelle serait la cause de ce particularisme génétique breton ? La
France a été colonisée successivement par trois populations fondatrices,
les chasseurs-cueilleurs, arrivés d’Anatolie (la partie asiatique de la
Turquie moderne), les fermiers du Néolithique et les Yamnayas, pasteurs
des steppes eurasiennes, venus par le nord de l’Europe. Les Bretons
sont ceux qui présentent des « traces » Yamnayas en plus grande quantité
dans leur génome. Une découverte qui interpelle les scientifiques.
« Pour une migration venue de l’est, on penserait qu’elle laisserait de
moins en moins de traces plus on va vers l’ouest. Or, là, on constate
l’inverse, comme si la Bretagne avait été un goulot d’étranglement »,
suggère Christian Dina. Autre hypothèse soulevée par le scientifique
nantais : « Les Yamnayas ont plutôt laissé de l’ADN dans les populations
nordiques. On peut imaginer une « réinjection » de cet ADN par des
migrations postérieures, soit des Vikings ou des Bretons (habitants de
la Grande-Bretagne de l’époque, NDLR) sous la pression des Saxons, vers
la Bretagne. C’est une théorie historique controversée. On est en train
de tester ces hypothèses ». Dans tous les cas, « les Bretons partagent
de fortes ressemblances génétiques avec les populations du nord de
l’Europe – des Anglais, des Irlandais - », avance Aude Saint Pierre.
Des différences entre pays bretons
L’étude a aussi permis de voir des petites différences génétiques
entre le Finistère Nord et le Finistère Sud. Et même une particularité à
l’échelle de pays bretons comme le Pays bigouden, qui vient confirmer
des résultats précédents : « Nous travaillons sur les maladies plus
fréquentes en Bretagne. L’un de nos projets concerne la luxation congénitale de la hanche, qui est vraiment très marquée Pays bigouden », rappelle Emmanuelle Génin.
Mais l’étude ne dit pas si les Bretons sont plus roux ou s’ils ont
une couleur des yeux plus fréquente qu’ailleurs… Faute de pouvoir
étudier les séquences génétiques suffisantes ou d’y voir des différences
vraiment marquées.
Les scientifiques disent vouloir creuser cette question des
différences génétiques au sein des territoires bretons dans une
prochaine étude qui devrait être publiée dans les mois à venir. De son
côté, Aude Saint Pierre a aussi lancé des travaux afin d’« explorer les
liens entre la génétique, la géolinguistique et l’archéologie dans la
région. On peut ouvrir la génétique dans cette direction-là ».
Frédéric Jacq
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Patricia Lossouarn
11 Juillet 2021 à 07h32
Aussi coriace que le chêne dans le verbe, aussi tumultueux que la
houle, et aussi changeant que les 4 saisons du jour …. ??!! un « brin »
loquace aux bruits qui courent … ))
La culture Yamna (en russe et ukrainien : Ямная культура, « culture des tombes en fosse », du russe et de l’ukrainien яма, « fosse ») est une culture du Néolithique final et de l’Âge du bronze ancien, qui s’est développée dans la région du Boug / Dniepr / Don / basse Volga, c’est-à-dire la steppe pontique. Elle s’étend d’environ 3600 à 2300 av. J.-C.. Cette culture est aussi connue en français sous les noms de culture pontique des tombes en fosse ou à puits, ou encore culture des tombes à ocre.
Cette culture correspond à des populations essentiellement nomades, des peuples cavaliers pratiquant un peu de culture le long des fleuves et construisant quelques castros1.
Depuis l’hypothèse kourgane de Marija Gimbutas émise en 1956, la culture Yamna a été associée aux Proto-Indo-Européens tardifs (PIE) et proposée comme le plus solide « candidat » pour être le foyer de l’indo-européen commun.
Depuis les années 2000, plusieurs études génétiques ont montré qu’une
migration très importante s’est produite à partir du début du IIIe millénaire av. J.‑C. depuis les steppes pontiques vers le centre de l’Europe, puis les autres parties de l’Europe, ainsi que vers l’Asie centrale puis l’Asie du Sud.
Une caractéristique de cette culture est l’inhumation dans des kourganes (tumulus) recouvrant des fosses à tombes où le mort est placé en décubitus dorsal avec les genoux repliés. Les corps étaient recouverts d’ocre. Des tombes multiples ont été découvertes dans ces kourganes, souvent après des insertions postérieures.
Des sacrifices d’animaux étaient pratiqués (bovins, cochons, moutons,
chèvres et chevaux) : une caractéristique associée aussi bien aux Proto-Indo-Européens qu’aux « Proto-Indo-Iraniens »2.
Les plus anciens restes d’un char à roues en Europe de l’Est ont été découverts dans le kourgane, associé à la culture Yamna, de « Storojova mohyla » (Dnipro, Ukraine) dont la fouille fut dirigée par A. I. Trénojkine.
Il existe un consensus selon lequel l’apparition de la culture hiérarchique de Maikop vers 3 600 av. J.-C.
eut de profonds effets sur les cultures des steppes antérieures à Yamna
et au début de Yamna. La métallurgie de Yamna a emprunté à la culture
de Maikop des moules à deux faces, des dagues à dents, des haches avec
une seule lame avec des trous de fonte et du cuivre arsenical. Des
véhicules à roues auraient pu pénétrer dans les steppes via la culture
de Maïkop, révolutionnant ainsi l’économie des steppes et rendant
possible le nomadisme pastoral de Yamna après 3 300 av. J.-C.3.
D’après l’hypothèse kourgane de Marija Gimbutas (1956), la culture Yamna serait associée aux Proto-Indo-Européens tardifs (PIE). Selon cette hypothèse, elle est le plus solide « candidat » pour être le foyer de l’indo-européen commun, avec la culture de Sredny Stog
qui la précède, mais la corrélation entre les preuves archéologiques de
la culture et de ses migrations avec les indices linguistiques4
a été discutée, par exemple par Pavel Doloukhanov en 1996, qui avançait
que l’émergence de la culture des tombes en fosse aurait représenté un
développement social de diverses cultures locales de l’Âge du bronze,
exprimant une stratification sociale et permettant l’émergence de
structures sociales nomades soumises à un chef, qui à leur tour auraient
intensifié les contacts entre divers groupes sociaux hétérogènes5.
Selon Doloukhanov, la culture Yamna trouverait son origine entre le cours moyen de la Volga, dans la culture de Khvalynsk, et le cours moyen du Dniepr, dans la culture de Sredny Stog.
Pour David Anthony, les preuves génétiques orientent les origines de
Yamna des steppes de la Volga jusqu’au nord-Caucase du fait de ses deux
composantes principales d’ascendance, à savoir les chasseurs-cueilleurs
est-européens (EHG) et les chasseurs-cueilleurs caucasiens (CHG). Si le
contact avec la culture de Maïkop
a été une cause fondamentale des innovations en matière de transport et
de métallurgie qui définissent la culture Yamna, les steppes du Don
inférieur et de la basse Volga, situées au nord des steppes du
nord-Caucase, correspondraient à la phase la plus ancienne de cette
culture3.
Une stèle anthropomorphe d’Ukraine, de la culture Yamna, datant du IIIe millénaire av. J.-C.
Les stèles kourganes ou stèles anthropomorphes sont un ensemble de types de stèles représentant le plus souvent un homme avec ses armes, ou une femme, retrouvées dans les steppes d’Europe de l’Est et d’Asie centrale, sur une période de 3 000 ans. Les premières stèles anthropomorphes datent du IVe millénaire avant J.C. et sont associées à l’horizon Yamna du début de l’âge du bronze, en particulier à la culture Kemi Oba en Crimée
et de la région steppique adjacente. En Ukraine, elles sont au nombre
d’environ trois cents, pour la plupart des dalles de pierre très
grossières avec une tête schématique simple en saillie et quelques
traits tels que des yeux ou des seins taillés dans la pierre. Une
vingtaine de spécimens, appelés statues menhirs, sont plus complexes,
avec ornements, armes, figures humaines ou animales. Ces stèles
anthropomorphes ont été présentées par certains spécialistes comme Marija Gimbutas
comme faisant partie du « package steppique » et comme un indice de la
diffusion vers l’Ouest de la « civilisation des kourganes »6. Selon Christian Jeunesse, ce serait la culture de Maïkop qui serait le berceau de ces innovations qui auraient été transmises par la suite par ces populations d’origine steppique6.
Sur des statues plus grossières il est impossible de discerner le
sexe, mais le plus souvent il est aisément reconnaissable : les hommes
sont avec des moustaches (parfois avec barbe), dans un costume avec des
cuirasses et des ceintures en métal, parfois avec une épée, etc. ; les
femmes ont les seins nus, portent des coiffes particulières, des
ceintures ou des colliers sur le cou, etc.
Haak et al. (2015) ont réalisé une large étude du génome de 94
anciens squelettes d’Europe et de Russie. Ils ont conclu que les
caractéristiques autosomales
des personnes de la culture Yamna sont très proches de celles des gens
de la culture de la céramique cordée, avec une estimation de la
contribution ancestrale de 73 % de l’ADN Yamna dans l’ADN des squelettes
de la céramique cordée d’Allemagne. La même étude a estimé une
contribution ancestrale de 40 à 54 % de la culture Yamna dans l’ADN des Européens
modernes du nord et du centre de l’Europe et une contribution de 20 à
32 % pour les Européens modernes du Sud, à l’exclusion des Sardes (7,1 % ou moins), et dans une moindre mesure des Siciliens (11,6 % ou moins)10,11,12. Haak et al. ont également imputé l’introduction en Europe des haplogroupes R1b et R1a, les haplogroupes Y-ADN les plus courants en Europe occidentale et orientale respectivement, aux populations des steppes de l’Âge du bronze, y compris la culture Yamna.
Des analyses autosomales indiquent également que le peuple de la
culture Yamna est le vecteur le plus probable pour l’ajout de la
composante génétique « ancien nord-eurasien » en Europe10.
« Ancien nord-eurasien » est le nom donné dans la littérature à la
composante génétique qui représente la descendance du peuple de la culture de Malta-Buret,
ou d’autres populations étroitement liées à celle-ci. Cette composante
génétique est visible dans les analyses du peuple Yamna ainsi que dans
ceux des Européens des temps modernes, mais n’est pas présente chez les
Européens antérieurs à l’Âge du bronze13.
En accord avec les études précédentes, une large étude génétique
portant sur la formation génomique de l’Asie du Sud et centrale parue en
2018 avance qu’« il est frappant de constater que la grande majorité
des locuteurs indo-européens vivant à la fois en Europe et en Asie du
Sud recèlent de nombreuses fractions d’ascendance liées aux pasteurs de
la steppe de Yamna, suggérant que le « proto-indo-européen tardif », la
langue ancestrale de tous les peuples modernes indo-européens, était la
langue de Yamna. Les premières études génétiques avaient documenté les
mouvements de populations de la steppe vers l’ouest qui propageaient
vraisemblablement cette ascendance, mais il n’existait pas encore de
preuves génétiques de l’expansion vers l’Asie du Sud. Notre
documentation sur la pression génétique à grande échelle exercée en Inde
du Nord par les groupes de la steppe au deuxième millénaire avant notre
ère fournit désormais de nouvelles preuves, cohérentes avec les traces
archéologiques de liens entre la culture matérielle dans la steppe
kazakhe de l’âge du bronze moyen à tardif et la culture védique précoce
en Inde14. »
Linguistique
Certains auteurs estiment que la culture Yamna serait trop récente
pour représenter le berceau de la langue indo-européenne originelle. Les
populations Yamna appartiendraient plutôt à un « groupe du sud-est »
déjà dérivé, qui aurait donné d’une part le proto-indo-iranien, d’autre part l’arménien
et les formes archaïques des langues helléniques (selon la
classification de E. Hamp). Dans cette vision, la culture Yamna serait
une subdivision ancienne du foyer indo-européen[réf. nécessaire].
(en) W. Haak, I. Lazaridis, N. Patterson et al., « Massive migration from the steppe was a source for Indo-European languages in Europe », Nature, 2015 (DOI10.1038/nature14317, lire en ligne [archive])
(en) Kristian Kristiansen, Morten E. Allentoft, Karin M. Frei et Rune Iversen, « Re-theorising mobility and the formation of culture and language among the Corded Ware Culture in Europe », Antiquity, vol. 91, no 356, avril 2017, p. 334–347 (ISSN0003-598X et 1745-1744, DOI10.15184/aqy.2017.17, lire en ligne [archive], consulté le 24 juin 2020)
(en) Chao Ning, Chuan-Chao Wang, Shizhu Gao et Yang Yang, « Ancient Genomes Reveal Yamnaya-Related Ancestry and a Potential Source of Indo-European Speakers in Iron Age Tianshan », Current Biology, vol. 29, no 15, 5 août 2019, p. 2526–2532.e4 (ISSN0960-9822, DOI10.1016/j.cub.2019.06.044, lire en ligne [archive], consulté le 24 juin 2020)
(en) David W. Anthony, The Horse, The Wheel and Language: How Bronze-Age Riders from the Eurasian Steppes Shaped the Modern World (2007)
(en) Pavel M. Doloukhanov, The Early Slavs. Eastern Europe from the Initial Settlement to the Kievan Rus, Longman, 1996, p. 94
Christian Jeunesse, Les statues-menhirs de Méditerranée occidentale et les steppes. Nouvelles perspectives [archive], in : Rodriguez G. et Marchesi H., dir., Statues-menhir et pierres levées du Néolithique à aujourd’hui,
Actes du 3ème colloqueinternational sur la statuaire mégalithique,
Saint-Pons-de-Thomières, 12-16 septembre 2012, Direction régionale des
affaires culturelles Languedoc-Roussillon & Groupe Archéologique du
Saint-Ponais, Montpellier 2015, 123-138.
D’après (en) Ann Gibbons, « Revolution in human evolution », Science, vol. 349, no 6246, 24 juillet 2015, p. 362-366
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Patricia Lossouarn
11 Juillet 2021 à 07h32
Aussi coriace que le chêne dans le verbe, aussi tumultueux que la houle, et aussi changeant que les 4 saisons du jour …. ??!! un « brin » loquace aux bruits qui courent …
))
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